Les Dernières Moissons …

Avant qu’il ne soit trop tard …

La sœur et le beau frère de Pascale sont agriculteurs, plus exactement céréaliers dans l’Indre. Une exploitation d’environ 125 hectares… Blé, orge et colza sont les principales cultures de leur exploitation. Cette année doit être la dernière ou l’avant-dernière moisson…

Donc j’ai souhaité participer à cette dernière moisson ! Voilà une semaine qui est passée assez rapidement avec des horaires d’activités importants, du style 6h30 à 22h30 voir 23h ! La moisson se fait par beau temps, quand les céréales sont mures. Il n’est donc pas possible de trop prendre son temps. Si la pluie ou le mauvais temps arrive cela peut mal tourner pour la récolte et donc pour les finances de l’année.

Pour ma part, j’ai donc contribué en conduisant principalement les tracteurs et leur remorque du champ vers le silo et vice-versa… je n’ai pas compté les allers-retours… A chaque fois, et selon la distance d’éloignement du champ, le trajet pouvait prendre de quelques minutes à plus de 20 minutes avec un tracteur et sa remorque de 10 tonnes sur les routes étroites de l’Indre… Dans le style stable en direction, on fait beaucoup mieux qu’un tracteur ! le moindre défaut de la route ou du chemin génère un mouvement important du tracteur et/ou de la remorque pouvant provoquer des embardées étonnantes et détonantes, la vigilance est donc de rigueur, à minima ! Avec une vitesse de pointe à 40 km/h ces engins sont plutôt déroutants… un 25 voir 28 km/h suffisait largement sur les routes, remorque pleine, et un bon 5 à 8 km/h sur les chemins faisait faire des bonds sur le siège et des secousses conséquentes pour la remorque. Il m’a fallut aussi un peu de temps pour comprendre l’organisation de la coupe. D’abord prendre le bon chemin pour arriver sur le bon champ parmi les différentes options possibles. Cela m’a permis de visiter certains endroits un peu éloignés du champ à atteindre… Après quelques manœuvres et demi-tours j’ai fini par retrouver le bon chemin et donc arriver sur le bon champ ! Parce qu’un champ est souvent entouré d’autres champs, mais tous ne sont pas la propriété du même cultivateur, et en général un céréalier n’apprécie pas du tout que l’on roule dans son champ, même moissonné ! Ensuite où disposer les remorques sur le tour du champ, pour éviter que la moissonneuse ne perde trop de temps pour être vidée. Il suffit de la mettre “à l’autre bout” tiens, c’est pas plus compliqué… certes mais y a plusieurs bouts à un champ ou je déconne ? 😉 Ne pas rouler ou le moins possible sur le champ pour ne pas tasser la terre pour les cultures suivantes… Je n’ai pas tout intégré, c’est certain !

Ensuite il faut vider les remorques dans une fosse. Cela se faisait en marche arrière… parfois du premier coup, parfois en frottant la remorque, parfois en m’y reprenant à plusieurs fois… Lever la remorque, sans heurter la poutre qui une fois retirée par la benne ferait s’effondrer assez facilement le toit du bâtiment !! Ensuite mettre en fonctionnement le silo et les visses sans fin pour mettre le grain dans une des cellules dédiées. Plus de 30 remorques, soit environ 290 à 310 tonnes de blé principalement… Ca fait de la poussière, beaucoup de poussière et beaucoup de travail ! Contrôler les cellules pour ne pas qu’elles débordent car il faudrait reprendre les grains à la pelle… Mais pour la gestion du silo, c’est le chef de silo qui gérait …. autant dire, pas moi 😉 Nous avons eu quelques soucis suite à la chute d’une paire de lunette au fond de la fosse. Aspirées par la visse sans fin qui emporte les grains vers le silo, elles ont été réduites en morceaux dont deux ont bien bouché la circulation. Nous avons mis trois jours à trouver les morceaux après plusieurs blocages du système… Il en reste certainement encore quelques autres morceaux, disséminés dans les grains de colza ou de blé.

Cerise sur le gâteau j’ai eu la possibilité de piloter la moissonneuse-batteuse sur le dernier hectare de blé ! Une Case IH 2366 Exclusive ASF de 2004 … Une coupe de 5,50 m de large à gérer pour couper correctement le blé, droit si possible sur la longueur du champ, sans en laisser bien évidemment, que le blé soit droit ou couché par les sangliers ! Un volant, petit mais facile à manœuvrer malgré la taille de la machine, et un joystick pour avancer/reculer et manipuler la coupe… Mouvements souples du poignet, utilisation du pouce indépendamment pour gérer la hauteur de coupe et d’autres variables… Cela demande au début pas mal d’attention car il faut intégrer différents paramètres assez rapidement. En quelques allers-retours je ne maîtrisais pas encore tout … On ne va pas vite, entre 4 et 6 km/h mais pourtant il faut réagir vite, car on ne peut pas ralentir en permanence sinon on y serait encore. Donc à cette vitesse il faut être dans l’anticipation, regarder le plus en avant possible. Facile à dire, mais pas facile à faire…

Au final une expérience assez enrichissante, fatigante, mais qui m’a permis de découvrir encore une facette de nos vies… et de me remettre en selle sur le plan physique. Le patron était satisfait de son stagiaire, alors peut être à l’année prochaine, pour la der des der, enfin, il parait …

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